Lundi 24 juillet 2006
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Un peu bizarre de vous raconter nos dernières semaines de voyage alors que nous sommes rentrés depuis quelques jours, ces semaines nous semblent tres loin et a la fois tres proches tellement ces derniers moments passes au Tadjikistan ont été marquants.
Marquants, époustouflants et inoubliables les paysages du plateau du Pamir : immense plaine désertique, bordée de sommets arides ou recouverts de dômes enneigés. Cette route appelée Autoroute des Pamirs est elle aussi déserte, rares sont les camions encore plus les voitures et inexistants les bus... Le bitume troué, cabossé défile sur des kilometres suivant les memes méandres que la ligne électrique, seule trace de toute présence humaine.
J'éxagere un peu, il y a bien sûr quelques villages, tous bardés de fils et poteaux électriques, ouverts au vent et a la poussiere, non loin les yacks se nourrissent d'herbe rase et les lacs salés sont d'un blanc immaculé.
Après avoir passés une demie journee au poste frontiere avec le Kirghizstan, en quête d'un improbable camion, chouchoutés par des militaires en mal d'exotisme, nous avons fini par nous embarquer avec un guide et un porteur au départ de la triste ville de Murghab pour soit disant un superbe trek de 4 jours !!! Très vite, on s'est apercu que le guide n'était jamais venu, pire qu'il ne savait ni monter sa tente, encore moins faire marcher son réchaud et qu'il n'avait de cesse de nous demander de le prendre en photo pour montrer à sa mère... A se demander qui était le touriste dans cette escapade? A préciser que le porteur n'avait lui jamais vu ni utilisé de sac a dos... Mais il avait une petite idée du chemin. Il a fini par nous emmener au bord du lac gelé de Yarosh Kol, tapi au pied des sommets assérés gris et blancs. Ce decor de haute montagne à 4500m d'altitude est silencieux, seuls quelques cris de marmottes apeurées résonnent. Les montagnes sont reines et leurs ombres se reflètent dans l'eau des lacs transformés en véritables miroirs géants. En contre bas, dans la vallée quelques nomades pamiris passent l'été dans de petite maisons en pierre, dans un grand dénuement, leur accueil spontané et chaleureux est d'autant plus impressionnant.
Nous quittons ces espaces sauvages pour rejoindre la vallee du Wakhan... fini le froid et les nuits sous tente ! A nous le soleil ardent de la vallée, les oasis qui jalonnent nos heures de marche, les champs de blés verts. A nous la fraicheur des canaux et ruisseaux, nombreux ils parcourent les villages, les protègent de l'aridité des monts envirronnants. Nous longeons la tourbillonnante et sablonneuse Pyanj, la riviere a la couleur du café au lait, elle galope entre le Tadjikistan où nous sommes et l'Afghanistan. Inutile de preciser que la chanson de Renaud et de sa petite fille afgane est présente dans nos têtes. Nous sommes assez fascinés et intrigués de savoir ce pays au nom aujourd'hui mythique si près de nous, à quelques dizaines de métres à vol d'oiseau. Et ce d'autant plus que nos divers hôtes côté tadjike expliquent qu'il est interdit de traverser la rivière pour aller dire bonjour au voisin.
Ces quelques jours ont été les derniers, ils ont été fabuleux. Dans ce coin reculé du monde, où la nature est ingrate l'hiver, où le bois est rare, où les transports sont compliqués, les gens ont été prévenants, aux petits soins avec nous, touchés que nous venions jusqu'ici, juste pour marcher, pour apercevoir quelques forteresses en ruine, et surtout pour les rencontrer. Certes gavés de pates à la graisse, cachées sous un tas de ciboulette, aneth et coriandre, le tout arrosé de the salé au lait et au beurre, nous avons fait des rencontres extra, entre autre celle d' Aknazar prof d'anglais qui nous a permis de profiter des bienvenues sources d'eau chaude de Bibi Fatima....
Mais le temps passe et déjà il nous faut penser à rentrer, regagner Douchambe la capitale tadjike, c'est pas une mince affaire, 30 heures pour faire 550kms dont une nuit blanche dans le mini bus à l'arrêt pour tentative de réparation à la lampe torche.
Enfin l'aéroport de Douchambe, avec pour salle d'attente un parc en pleine ville. Le jour se lève quand nous décollons pour Istambul, le coeur serré nous apercevons encore pendant de nombreuses minutes les vallées Tadjikes, les montagnes jaune-brun qui se teintent parfois de rose ou de vert...
En transit, à Istambul, dernier pique-nique entre les loukoums turcs, la boutique Hermes et les parfums Chanel, changement de décor un peu brutal....
Mais bientôt nous retrouvons les bras de nos familles, l'émotion des retrouvailles est réelle. On est un peu déboussolé, il faut atterir doucement, pour cela on a du temps.
Une page se tourne, celle-ci est bientôt terminée. Merci de nous avoir suivi, d'avoir lu nos lignes même si c'était ardu d'après ce que nous avons compris, merci pour vos clins d'oeil. A bientôt pour la suite de vive voix.
Blandine.